Pour rien au monde
Pour rien au monde
Compte rendu de la séance de livre échange du 13 octobre 2022
Pour rien au monde – Ken Follett
Pour la plupart des lectrices ce roman est un livre d’actualité, un livre prémonitoire. En effet, les évènements politiques récents et actuels ressemblent à s’y méprendre à ce qui est décrit dans le récit de K Follett.
Il ne semble pas que la fiction politique soit habituelle chez cet auteur que des lectrices connaissent et apprécient surtout pour ses romans historiques (Les piliers de la terre, Le siècle …). Nous notons que Ken Follett est gallois et que son épouse étant députée, il peut éventuellement disposer d’informations sur la situation du monde et notamment les points de tension.
Ce roman est diversement apprécié. Certains l’ont bien aimé, d’autres pas du tout. Dans tous les cas, nous sommes d’accord pour considérer que ce n’est pas un texte qui nous laissera un souvenir impérissable.
L’un des intérêts de cette histoire est de décrire en détail les modes de fonctionnement des Etats au plus haut niveau de décision. Apparemment l’auteur a bien étudié ce sujet et les situations qu’il imagine présentent avec beaucoup d’acuité les attitudes des protagonistes. Nous observons ainsi que, quelle que soit la forme que prennent les modalités de prise de décision, au plus haut niveau de l’État les querelles pour le pouvoir sont bien plus importantes que l’intérêt général. Les luttes d’influence, les animosités diverses, semblent trop souvent prendre le pas sur le pragmatisme et la vision globale. Dans ces conditions, la grande solitude des chefs d’État est mise en évidence. Nous constatons également la complexité des fonctionnements qui engagent de multiples intervenants aux compétences différentes et complémentaires. Ce qui paraît manquer le plus dans ces instances est la sérénité même s’il nous semble que des valeurs communes sont partagées par l’ensemble des personnages, notamment le fait d’œuvrer pour la « bonne cause ». Est-ce bien la réalité ? Est-ce toujours le cas ? La réalité est-elle pire ou meilleure que ces descriptions ? Sur ce plan, le roman est descriptif et cela pose évidemment question même s’il ne faut pas lui faire dire plus qu’il n’en dit.
Dans la description des évènements internationaux, nous observons également que les Etats sont fréquemment, de façon officielle ou officieuse, en contact les uns avec les autres. A ce sujet, les informations dont nous, les populations, sommes informés de la situation internationale et de ses évolutions, les risques, les apaisements ou le contraire, sont très partielles et peut-être même partiales. Comment, dans ces conditions, se forger une opinion ? La lecture de cette histoire fictive met en lumière cette question.
Parmi les points qui n’ont pas été appréciés, figurent le style et certaines constructions grammaticales. Est-ce le fait du romancier ou de son traducteur ? En tout état de cause, cela a gêné certaines lectrices.
Par ailleurs, les personnages ne paraissent pas très réalistes dans leur comportement. Le lecteur peut avoir de la difficulté et ne pas les trouver crédibles. Il est clair que ce texte doit être considéré à son juste niveau comme un roman de fiction politique.
La discussion dérive ensuite vers la situation internationale telle que nous la connaissons ( ou croyons la connaître) et ses dangers, les inquiétudes justifiées ou non qu’elle génère. Et la séance se termine par des échanges sur les idées sombres développées par de nombreux jeunes. Semblent en cause, au minimum, l’incertitude du lendemain et les présentations anxiogènes des informations véhiculées par les médias.
J'ai lu & ça m'a plu!
4/10/24
J’ai beaucoup aimé ce livre bien écrit. Il raconte les mécanismes de l’escalade politique et militaire, ou comment un petit incident prend de l’ampleur et peut mener à une guerre nucléaire. Le contexte est très bien décrit. A lire ! [Sandra]
Avis et commentaires